Avant le premier patient
Quatre choses à régler, dans cet ordre : l'immatriculation (tout passe par le guichet unique des formalités, qui te donne ton SIRET), l'assurance responsabilité civile professionnelle (obligatoire, ne reçois personne sans elle), un compte bancaire séparé pour l'activité (et ta vie future te dira merci bien avant que la loi ne l'exige), et le choix du régime, qui mérite le paragraphe suivant parce qu'il change toute la suite de cette page.
Le choix qui change ton calendrier : au fil de l'eau, ou forfaits puis rattrapage
En micro-entrepreneur, tu déclares ton chiffre d'affaires chaque mois (ou trimestre) et tu paies immédiatement un pourcentage dessus. Pas de CA, pas de cotisations ; un bon mois, des cotisations plus hautes. C'est lisible, et il n'y a pas de rattrapage qui attend au tournant.
En régime classique (déclaration contrôlée), l'URSSAF ne connaît pas encore ton revenu : elle t'appelle des cotisations forfaitaires volontairement faibles en année 1 et 2, puis régularise quand ton vrai revenu est connu. Ce décalage est le piège n°1 des jeunes installés : l'argent semble là, puis la régularisation tombe.
Le même ostéopathe, 40 000 € de CA la première année, dans les deux régimes :
| Régime | Cotisations appelées en année 1 |
|---|---|
| Micro-entrepreneur (micro-BNC) | 9 400 € (≈ 783 €/mois, au fil de l'eau) |
| Déclaration contrôlée (frais réels) | 2 748 € appelés d'avance |
Barèmes 2026, installation en janvier. En régime classique, le chiffre appelé en année 1 ne reflète PAS ton vrai niveau de cotisations : la différence arrive en régularisation.
En régime classique, la provision qui sauve
715 €/mois à mettre de côté
Le calcul du moteur de Révéris pour cet exemple : la somme à épargner chaque mois, en plus des appels, pour accueillir la régularisation sans découvert. Ton montant à toi dépend de ton CA : le simulateur te le donne en deux minutes.
Le calendrier type de l'année 1
Mois 0 : immatriculation au guichet unique, SIRET sous quelques jours à quelques semaines. Souscris la RCP et ouvre le compte dédié sans attendre.
Mois 1 à 3 : premiers courriers URSSAF, mise en place de ton échéancier (en classique) ou de tes premières déclarations de CA (en micro). Vérifie ton éligibilité à l'ACRE : elle peut réduire d'environ moitié une partie des cotisations de la première année, mais pas toutes (la retraite complémentaire, notamment, se paie plein pot).
Chaque mois ou trimestre : en micro, ta déclaration de CA, même à zéro. En classique, tes prélèvements d'échéancier. Dans les deux cas : ta provision part sur le compte à part, le même jour, comme un loyer.
Au printemps suivant : ta première déclaration de revenus (le formulaire 2042-C-PRO pour les libéraux). C'est elle qui apprend ton vrai revenu à l'administration, et c'est elle qui déclenchera, en régime classique, la régularisation de l'automne.
Année 2 : le moment où tout se joue. La régularisation de l'année 1 et les nouvelles provisionnelles tombent presque en même temps : c'est le sujet entier de notre guide sur la régularisation de 2e année, à lire dès maintenant plutôt qu'après.
Et la TVA ?
Bonne nouvelle : les actes d'ostéopathie sont exonérés de TVA. Tu factures tes consultations sans TVA, sans déclaration de TVA à faire pour elles. Attention seulement si tu développes d'autres revenus (formations, vente de matériel, redevances de collaboration) : eux peuvent y être soumis au-delà de la franchise. Deux lignes à valider avec ton comptable le jour où ça te concerne.
La règle d'or, apprise à mes dépens
Ma première année, personne ne m'avait dit de provisionner. L'argent des consultations arrivait, l'URSSAF appelait des forfaits doux, et la vie était belle jusqu'aux rattrapages. Depuis, ma règle tient en une phrase : un pourcentage de chaque mois part sur un compte à part, avant toute autre dépense. C'est exactement ce que Révéris automatise : il suit ton CA réel, calcule tes cotisations avec les vrais barèmes, te dit combien provisionner, et t'affiche ce qu'il te reste VRAIMENT une fois tout compté. Le chiffre qui change la première année, c'est celui-là.