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La CIPAV expliquée aux ostéopathes : ce que tu paies vraiment pour ta retraite

Chaque mois, un prélèvement « URSSAF » part de ton compte. Ce que peu d'ostéopathes savent : une grande partie de cette somme n'est pas un impôt, c'est ta retraite. Voici le circuit, ligne par ligne.

Écrit par Antoine Plateau, ostéopathe D.O. — les montants de cette page sont calculés par le moteur de Révéris, celui-là même qui est vérifié sur de vrais appels de cotisations.

La CIPAV, c'est qui ?

La CIPAV est la caisse de retraite et de prévoyance des professions libérales dites « non réglementées » : ostéopathes, chiropracteurs, psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes, diététiciens, entre autres. Si tu es kiné, infirmier ou orthophoniste, ce n'est pas elle : ta caisse est la CARPIMKO, avec d'autres règles.

Première source de confusion, et elle est massive : tu ne vois presque jamais le nom CIPAV sur tes prélèvements. Depuis 2023, c'est l'URSSAF qui collecte tout en une fois, puis reverse à la CIPAV sa part. Résultat : beaucoup d'ostéopathes croient « payer l'URSSAF », alors qu'une bonne partie de la somme part construire leur retraite et leur protection.

Les trois étages CIPAV cachés dans ton prélèvement

1. La retraite de base : l'équivalent du régime général des salariés. Elle te valide des trimestres et des points, proportionnellement à ton revenu.

2. La retraite complémentaire : le deuxième étage, en points lui aussi. C'est souvent la ligne la plus lourde, et c'est elle qui fera la vraie différence sur ta pension. À noter : l'exonération ACRE de première année ne la touche pas, elle se paie plein pot dès le début.

3. L'invalidité-décès : la prévoyance de base. Si un accident t'empêche d'exercer durablement, ou pour protéger ta famille, c'est ce socle qui se déclenche. Il est léger (et c'est pour ça qu'une prévoyance privée en complément se discute avec ton assureur), mais il existe.

Le reste de ton prélèvement, c'est la part « sécu » classique : maladie et indemnités journalières, CSG-CRDS, allocations familiales au-delà d'un certain revenu, et la formation professionnelle.

Les chiffres : où part l'argent, ligne par ligne

L'exemple d'un ostéopathe en micro-BNC, régime établi, à 60 000 € de chiffre d'affaires annuel. Chaque ligne est calculée par le moteur de Révéris avec les barèmes 2026 :

PosteCA 40 000 €CA 60 000 €
Versement social libératoire (23.2 % du CA)9 280 €13 920 €
Formation professionnelle (0,3 % du CA)120 €180 €

Micro-BNC, régime de croisière (3e année et plus), barèmes 2026. Les trois lignes retraite et invalidité-décès sont la part CIPAV.

Sur 14 100 € de cotisations à 60 000 € de CA

0 € pour ta retraite

Soit environ 0 % du prélèvement : retraite de base, complémentaire et invalidité-décès. Ce n'est pas de l'argent perdu, c'est ta pension et ta protection qui se construisent.

Ce que ça t'achète (et comment le vérifier)

La retraite de base valide des trimestres, la complémentaire accumule des points : ta pension future sera la somme des deux. Le montant exact dépend de toute ta carrière, et personne de sérieux ne peut te le promettre aujourd'hui. Ce que tu peux faire dès maintenant, en dix minutes : créer ton espace personnel sur le site de la CIPAV et sur info-retraite.fr, et vérifier chaque année que tes revenus déclarés y figurent bien. Les erreurs de carrière se corrigent facilement à 35 ans, difficilement à 62.

Les trois pièges classiques

1. Les premières années en trompe-l'œil. En année 1 et 2, tu cotises sur des bases forfaitaires, faibles. Puis l'URSSAF régularise sur ton vrai revenu, et la facture de 2e et 3e année fait très mal à qui n'a pas provisionné. C'est le sujet entier d'un autre guide : la régularisation de 2e année, à lire avant qu'elle n'arrive.

2. Croire que tout est perdu. Pester contre « les charges » est de bonne guerre, mais la moitié environ de ton prélèvement revient vers toi, en pension et en protection. Ça change la façon de voir le chiffre.

3. Ne pas mettre de côté. Les cotisations tombent par appels, pas au rythme de tes encaissements. La règle de survie : provisionner chaque mois un pourcentage de ton CA sur un compte à part, et dormir tranquille quand l'appel arrive.

Et pour TES chiffres à toi ?

Deux minutes, sans compte : le simulateur calcule tes cotisations année par année, régularisation comprise. Et l'app suit ensuite ton reste à vivre au quotidien.

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